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L’humain en traduction : au-delà de la technologie

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By Rossion

Précédemment, nous avons discuté des tendances en matière de technologies de la traduction en 2024, qui sont portées par les progrès révolutionnaires des outils de traduction, de l’intelligence artificielle (IA) et de l’apprentissage automatique (AA). À une époque où la demande pour des communications interculturelles précises est en hausse, les linguistes doivent s’adapter pour garder une longueur d’avance et répondre aux besoins changeants de leur clientèle. Cependant, dans le domaine dynamique de la traduction, où les technologies évoluent rapidement, il est essentiel de prendre un moment pour réfléchir au rôle de l’humain. Dans ce billet de blogue, nous explorerons les limites de la traduction automatique et expliquerons dans quelle mesure l’intervention humaine permet de les dépasser. Si l’on reconnaît l’efficacité de l’IA, il est essentiel d’en souligner les faiblesses, notamment les difficultés liées au contexte et aux différences culturelles.

Reconnaître les limites de la traduction automatique et de l’IA

  • Contexte et ambiguïté : Les systèmes de traduction automatique ont souvent du mal à traiter le contexte et l’ambiguïté, en particulier lorsqu’ils sont confrontés à des mots ou à des phrases comportant plusieurs significations. Cette difficulté est attribuable au fait qu’ils peinent à cerner le contexte dans lequel ces phrases ou ces mots sont utilisés, ce qui peut entraîner des inexactitudes dans la traduction.
  • Différences culturelles et expressions idiomatiques : Les références culturelles ainsi que les expressions idiomatiques, locales et familières posent des défis importants à la traduction automatique. Ces éléments, profondément ancrés dans la culture, n’ont pas d’équivalents directs dans la langue cible, ce qui rend la traduction directe problématique. Par exemple, il est courant que les outils de traduction automatique peinent à transmettre le sens exact d’expressions idiomatiques ou d’argot, car ils sont incapables d’en interpréter le contexte avec précision.
  • Différences grammaticales et syntaxiques : Les langues peuvent présenter des structures et des règles très différentes, ce qui peut poser problème pour la traduction automatique. Par exemple, l’ordre « sujet-verbe-complément » n’est pas universel, et les langues dont les règles de grammaire sont flexibles ou fortement dépendantes du contexte peuvent être particulièrement difficiles à traiter avec précision pour les systèmes de traduction automatique.
  • Noms d’entités et termes techniques : La terminologie spécialisée, les noms propres et les termes techniques peuvent poser des problèmes majeurs en traduction automatique, car les outils ne disposent pas d’une base de connaissances actualisée ou d’une formation spécifique dans chaque domaine pour interpréter correctement les mots employés. Ces limitations peuvent conduire à des inexactitudes, voire à la non-reconnaissance de ces termes, dans la traduction.
  • Poésie et littérature : Les traductions littéraires exigent une connaissance approfondie de la langue source et de la langue cible, ainsi qu’un esprit créatif pour restituer le style, le rythme et le sens recherchés par l’auteur·e. La traduction automatique n’est pas prête à exécuter cette tâche de manière adéquate, car elle n’est pas en mesure de percevoir l’esthétique littéraire ou de générer des équivalents créatifs.
  • Préoccupations liées à l’éthique et à la confidentialité : L’utilisation de la traduction automatique dans des contextes délicats ou privés soulève des inquiétudes quant à la sécurité des données, à la confidentialité et au risque d’un traitement inapproprié des renseignements. Des mots de passe ou des énoncés de confidentialité erronés en raison d’une mauvaise traduction peuvent mettre en danger des personnes et conduire à un accès non autorisé à leurs comptes et à leurs renseignements sensibles.

Nos moyens de surmonter ces limites :

  • La perception humaine : Les êtres humains peuvent s’adapter au contexte et aux ambiguïtés, car leur perception et leur intuition sont bien plus puissantes que la logique de la machine. Les linguistes s’appuient sur leur compréhension du contexte culturel et situationnel pour choisir le sens le plus approprié des mots et des phrases, garantissant ainsi la transmission exacte du sens initial du message.
  • Une ambassade culturelle : Les linguistes jouent le rôle d’ambassadeur·rice·s culturel·le·s en retranscrivant avec expertise des expressions culturelles et idiomatiques, et en transmettant des concepts profondément ancrés dans l’histoire et le contexte social. Les linguistes font preuve de créativité en trouvant des équivalents ou en expliquant des notions culturelles dans la langue cible, tout en préservant la richesse et la profondeur du texte original. Les traductions maladroites d’expressions idiomatiques, locales et familières et de concepts internationaux bien connus prouvent que les machines peinent à cerner le contexte historique et la dimension sociale dans lesquels ils s’inscrivent. Seul l’être humain peut pleinement comprendre et interpréter ces notions complexes.
  • L’agilité linguistique : Véritables spécialistes de la reformulation de textes, les linguistes veillent à ce que les phrases soient non seulement correctes, mais aussi fluides et naturelles pour un lectorat natif. Ils·elles possèdent l’expertise nécessaire pour modifier la structure des phrases et réorganiser certains passages afin de maintenir la cohérence et la lisibilité du texte et, au bout du compte, l’adapter au lectorat natif.
  • L’expertise et la recherche : Grâce à leur expertise et à leurs recherches approfondies, les linguistes traduisent avec précision les noms d’entités, les termes techniques et la terminologie spécialisée. Ils·elles veillent à ce que ces éléments soient correctement identifiés et traduits, ou convenablement transcrits, en respectant les conventions de la langue cible et les préférences du public visé.
  • La traduction littéraire : La traduction de la poésie et de la littérature exige de la créativité, une sensibilité aux détails stylistiques et la capacité de saisir la voix et le ton de l’auteur·e, tout en conservant la portée esthétique et émotionnelle de l’œuvre originale dans un nouveau contexte linguistique et culturel.
  • La confiance et le respect de la confidentialité : Discret·ète·s et guidé·e·s par des codes de déontologie qui privilégient la protection et le respect du matériel source, dans un cadre de responsabilité professionnelle, les linguistes assurent le traitement prudent des renseignements sensibles tout en possédant les connaissances et l’expertise nécessaires pour adhérer aux directives éthiques et effectuer les traductions avec précision et certitude, ce qui leur permet d’en préserver efficacement l’intégrité et la confidentialité.

Conclusion

L’humain joue un rôle crucial dans la traduction; il donne vie à la langue et favorise l’authenticité et la compréhension du texte produit. Les linguistes font vibrer chaque mot avec passion, empathie et authenticité, rendant ainsi la langue plus vivante et plus significative. L’humain ne représente pas seulement une partie de celle-ci; il l’incarne entièrement. Accueillons-le chaleureusement, sachant que les relations et la compréhension véritable prennent leur source dans l’humanité.

Bibliographie :

Human Issues in Translation Technology | Dorothy Kenny | Taylor & Fran (taylorfrancis.com) Human Issues in Translation Technology | Dorothy Kenny | Taylor & Fran (taylorfrancis.com)

Has Machine Translation Reached Human Parity? A Skeptical Response to MT Quality Claims

Is Generative AI’s Translation Output Usable and for What? Exploring the Strengths and Limitations of Translation Using Large Language Models, 25 Apr 2023, by Dr. Arle Lommel

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